Les « Dys » et les « HP »


Les DYS pour Dyslexie, Dyscalculie, Dysphasie, Dyspraxie, Dysorthographie ou encore Dysexécutif font parties des Troubles Spécifiques des Apprentissages. On trouve aussi le trouble déficit de l’attention (TDA avec ou sans hyperactivité).

Ce sont des troubles neuro-développementaux, donc durables et persistant. Ils sont spécifiques car ils sont dits primaires. C’est à dire qu’ils existent et se manifestent sans être la conséquence d’un autre trouble, d’une pathologie ou d’une déficit intellectuel.

Un enfant avec un Dys, peut être en situation de handicap selon la sévérité du trouble et de son impact sur sa vie scolaire et sa vie quotidienne. Pour parler d’une dyslexie ou d’une dyscalculie de façon formelle une recherche de diagnostique est nécessaire. Cela comprend divers examens, des bilans, des observations faites par les adultes et les professionnels qui accompagnent l’enfant.

Les signes d’un trouble Dys apparaissent dès l’enfance et peuvent être repérés par la famille, les enseignants ou un spécialiste. Une prise en charge précoce et adaptée, parfois en amont du diagnostique, permet d’atténuer les conséquences du trouble.

Au niveau scolaire il s’agit de réfléchir aux aménagements à mettre en place avec l’équipe éducative. Un enfant peut compenser, pendant plusieurs années et le trouble peut passer inaperçu ou être pris pour des difficultés scolaires « classiques ». Un premier bilan orthophonique, ou psychomoteur permet de mettre des mots sur des comportements, sur une difficulté à entendre et à écrire les syllabes ou encore à s’habiller à un âge où l’enfant est censé avoir acquis cette « compétence ».

L’enfant avec un Dys compense et se fatigue, cela impacte sa qualité de vie. Les aménagements scolaires mais aussi au quotidien, dans son emploi du temps, pour alléger et adapter sa charge de devoirs et d’activités doivent tenir compte cette fatigabilité.

Je tiens à le préciser, et vous l’aurez relever chez vos enfant, que les conséquences du trouble ne sont pas que des incapacités ou des déficits…loin de là. Il existe un pendant positif au fonctionnement Dys, tel que des aptitudes particulières dans la créativité, pour imaginer le monde autrement, des qualités humaines indéniables et utiles à la collectivité. Ce point sera développer ultérieurement.

Le TDA, 3 lettres pour parler du déficit d’attention, intègre la catégorie des troubles spécifiques des apprentissages. En effet un manque important d’attention en classe, et plus généralement dans un contexte d’apprentissage, vient entraver l’accès au savoir transmis par l’adulte et de fait à la compréhension et la mémorisation de celui-ci.

Reportage de l’émission 36°9 sur la Dyspraxie

Si l’enfant passe d’une chose à l’autre très rapidement, ne peut pas se concentrer au delà de quelques minutes sur une tache ou « s’échappe » dans ses pensées, s’il focalise son attention sur des stimuli qui l’entourent (bruits, bavardages, jeux…) davantage que sur l’activité scolaire ou la parole de l’enseignant, il ne peut pas engranger comme ses pairs.

Là aussi une démarche de diagnostique peut être à entreprendre, toutefois il faut savoir se laisser du temps et laisser le temps à l’enfant de progresser et de faire avec l’aide de l’adulte. Le temps compte pour débuter une prise en charge précoce si elle s’avère nécessaire mais inutile de sonner top tôt la sonnette d’alarme.

La tolérance des adultes et les interventions éducatives de la famille et des enseignants est déjà une réponse à apporter. C’est un « travail » du quotidien et progressivement, ensemble, il s’agira de discerner s’il est question d’une suspicion de trouble ou d’un problème éducatif. L’attention, capacité cognitive essentielle, si elle est innée, ce développe et s’exerce au fil des expériences de l’enfant, et à son rythme. De même pour l’apprentissage de l’écriture, de la lecture, de la coordination des gestes, du concept de nombre et de la planification des actions. Prendre du temps ce n’est jamais perdre du temps dans l’éducation.

Conférence de Caroline Huron, chercheur et psychiatre

Associations dédiées aux troubles spécifiques des apprentissages :

https://dyspraxie33.info/
http://www.apeda-france.com/



Le dossier d’information de l’INSERM sur les troubles des apprentissages.


Les enfants à Haut Potentiel, nommés aussi en France Enfants Intellectuellement Précoces (EIP), sont des enfants à besoins éducatifs particulier. C’est à dire qu’ils demandent un accompagnement spécifique sur le plan pédagogique et éducatif mais qu’ils ne relèvent pas du champ du handicap.

Ils ont au test psychométrique, du QI, un quotient au dessus de la « moyenne », globalement au dessus de 130. Une mémoire particulièrement efficiente, une rapidité de raisonnement, un vocabulaire riche et précoce, ils sont hypersensibles (à la frustration et à l’injustice), ont un grand sens de l’observation (…). Parfois des troubles associés peuvent co-exister avec le Haut Potentiel (TDA, trouble du sommeil…)

Être un enfant à haut potentiel n’est pas systématiquement synonyme de réussite scolaire. Même si nombre de ces enfants, comme l’explique le Pr Revol, vont bien et passent une scolarité comme d’autres enfants de leur âge. Pour certains le sentiment de ne pas être à sa place dans tel niveau de classe, de s’ennuyer ou de ne pas être assez stimuler, de ne pas comprendre son groupe de pair dans leur jeux ou leurs interactions est très présent et impact leur qualité de vie. Ce peut être pour eux une réelle souffrance.

Leur sensibilité exacerbée leur fait vivre des émotions intenses et parfois disproportionnées. Ou au contraire certains enfants à haut potentiel peuvent être très cérébrale et dans un fonctionnement logique et rationnel, quelque peu en décalage par rapport à leur âge. Ce qui n’est pas toujours bien accepter par les autres (enfants ou adultes), car leur attitude peut paraitre hautaine.

Chaque enfant est unique dans sa personnalité aussi il n’existe pas un profil universel du HP, comme de l’enfant DYS. Il y a d’abord l’enfant, à découvrir, à rencontrer, avec qui partager, à accompagner.




L’association Zébra a été créée en 2002 par Jeanne SIAUD-FACCHIN, psychologue spécialiste de la précocité intellectuelle, pour engager toute action indispensable à l’épanouissement et à la réussite personnelle des enfants, adolescents et adultes intellectuellement précoces.

http://www.associationzebra.fr/

  • Vidéo : Dans la tête d’un surdoué (chaine TV RTS)
Pr Olivier Revol